L'argent de l'agent
Mon collègue et ami Honoré-Gustave ne veut plus entendre
parler des agents littéraires et, pour les dénoncer, se répand partout en
racontant sa mésaventure avec l'un des plus fameux de la place :
" J'ai été
de ceux qui ont mis le pied à l'étrier à Stanley. On a fait quelques bons coups
ensemble. Mais terminé ! Il y a pas mal de temps, il me propose un beau projet
d'un excellent auteur ; on se met d'accord sur le prix, les délais. À la
signature, deux chèques sont établis : l'un à l'auteur, l'autre à l'agent du
montant de sa commission. Des mois, des années passent. Délais non respectés.
Intérêt du projet retombé. Réponses évasives. Réclamations non suivies d'effet.
Lettres recommandées. Dénonciation du contrat. Et là, découverte sensationnelle
: non seulement l'agent laisse tomber son auteur, mais il se déclare non
responsable du non respect des engagements et refuse pour sa part de rembourser
le chèque qu'il a encaissé à la signature. Inouï, non ? Les éditeurs doivent
donc se le tenir pour dit : traiter avec Stanley, c'est faire affaire avec
quelqu'un qui ne se reconnaît pas la responsabilité de mener à bonne fin les
projets qu'il négocie. "






